Le SIP (Session Initiation Protocol) est le protocole qui permet de passer des appels téléphoniques sur Internet. Il sert à établir l’appel, à le modifier (mise en attente, transfert) puis à le terminer : c’est lui qui fait « sonner » le bon poste et qui met les deux interlocuteurs d’accord sur la façon de transporter leur voix. Presque tous les téléphones IP, standards téléphoniques et applications de téléphonie professionnelle le parlent, ce qui permet de les faire fonctionner ensemble.
Le SIP en une image
Pensez au SIP comme au standardiste d’un appel. Quand vous composez un numéro, votre téléphone envoie une demande (« je voudrais joindre tel numéro, voici ce que je sais faire »). Le serveur la transmet, le téléphone appelé sonne, puis répond qu’il accepte. À partir de là, la voix circule directement par un autre canal. À la fin, l’un des deux envoie un message pour raccrocher.
Le SIP ne transporte donc pas la voix lui-même : il organise la conversation. La voix voyage par un protocole voisin, le RTP (Real-time Transport Protocol), découpée en petits paquets. Cette séparation explique un problème classique : un appel qui sonne mais où l’on ne s’entend pas vient souvent d’un pare-feu qui laisse passer la signalisation SIP mais bloque les paquets de voix.
Le SIP est un standard ouvert, décrit par l’organisme de normalisation d’Internet (IETF) dans la norme RFC 3261. C’est ce qui permet l’interopérabilité : un téléphone d’une marque peut fonctionner avec le standard d’une autre et avec l’opérateur de votre choix.
Les éléments d’une téléphonie SIP
Le poste : téléphone IP ou softphone
Le poste est ce qui sert à appeler. Ce peut être un téléphone IP de bureau, branché sur le réseau, ou un softphone : un logiciel de téléphonie installé sur un ordinateur ou un smartphone, qui fait la même chose avec un casque ou les haut-parleurs. Zoiper et Linphone sont deux exemples connus. Certains standards proposent aussi un poste directement dans le navigateur, grâce à la technologie WebRTC, sans rien installer.
Pour fonctionner, un poste SIP a besoin de trois informations : l’adresse du serveur, un identifiant et un mot de passe. Il s’« enregistre » alors auprès du serveur, qui sait où le joindre.
Le standard : PBX ou IPBX
Le standard téléphonique (PBX, ou IPBX quand il fonctionne en IP) relie les postes de l’entreprise entre eux et gère l’accueil des appels : menu vocal, file d’attente, renvois, messagerie. Il peut être installé chez vous (3CX, FreePBX, Asterisk…) ou hébergé chez un prestataire.
Le trunk SIP : la ligne vers l’extérieur
Un standard seul ne fait communiquer que les postes internes. Pour appeler n’importe quel numéro fixe ou mobile, et être appelé, il faut le relier au réseau téléphonique public. C’est le rôle du trunk SIP : une ligne téléphonique qui passe par Internet et qui remplace les anciennes lignes analogiques ou numériques. On le dimensionne en canaux : un canal correspond à un appel en cours. Avec 4 canaux, quatre conversations peuvent avoir lieu en même temps avec l’extérieur.
Les codecs : la qualité contre la bande passante
Le codec est la façon dont la voix est numérisée et compressée. Au début de chaque appel, les deux côtés s’accordent sur un codec qu’ils connaissent tous les deux. Les plus courants en téléphonie professionnelle :
- G.711 : la voix n’est pas compressée. C’est la qualité de référence de la téléphonie classique, avec un débit de 64 kbit/s par appel, hors surcoût du réseau. Il existe en deux variantes : A-law, utilisée en Europe, et µ-law, en Amérique du Nord.
- G.729 : la voix est fortement compressée (8 kbit/s pour la voix). Il consomme beaucoup moins de bande passante, au prix d’une qualité un peu inférieure. Il ne convient pas au fax.
- G.722 et Opus : des codecs dits « large bande », qui restituent une voix plus naturelle quand les deux équipements les prennent en charge.
Pour estimer la bande passante nécessaire, multipliez le nombre d’appels simultanés par le débit du codec, puis gardez de la marge. Avec une connexion confortable, G.711 est le choix le plus simple. Nos trunks SIP prennent en charge G.711 et G.729 ; notre article d’aide sur les codecs détaille le calcul.
Sécurité : les réflexes de base
Un compte SIP permet de passer des appels facturés : il doit être protégé comme un compte bancaire. Les bons réflexes :
- un mot de passe SIP long et unique, jamais celui fourni par défaut sur un équipement ;
- un pare-feu qui n’ouvre la signalisation SIP (habituellement le port 5060) et la plage de ports de la voix qu’aux adresses nécessaires ;
- le chiffrement quand il est disponible : TLS pour la signalisation, SRTP pour la voix ;
- une surveillance de la consommation, pour repérer un usage anormal.
Notre guide configuration NAT et pare-feu pour SIP détaille ces réglages.
Trunk SIP, compte VoIP ou standard hébergé : que choisir ?
Le bon choix dépend de ce que vous avez déjà :
- Vous avez déjà un standard (un 3CX, un FreePBX…) : il vous faut un trunk SIP pour le relier au réseau. Chez WebTic, un trunk correspond à un canal, pour la France, la Belgique, la Suisse ou le Canada, avec un numéro local en option ; les trunks sont cumulables et nous établissons un devis selon le nombre de canaux.
- Vous voulez seulement passer des appels sortants, depuis un softphone ou un équipement : un compte VoIP prépayé suffit. Votre téléphonie est activée dès la première recharge de 50 €, entièrement créditée en appels, et les minutes se déduisent au fil des appels, sans abonnement.
- Vous n’avez pas de standard et ne voulez pas en gérer : un standard hébergé fait tout, avec postes SIP, softphones et poste dans le navigateur, à partir de 25 € HT par mois pour 5 postes (prix affiché au 16 octobre 2026).
- Vous préférez 3CX : nous proposons les licences 3CX, avec hébergement possible.
Pour recevoir des appels sur un numéro étranger, par exemple américain ou canadien, voir aussi notre article sur le numéro virtuel américain.
Mettre en service un trunk SIP, en résumé
- Vous recevez vos identifiants SIP : adresse du serveur, nom d’utilisateur, mot de passe.
- Vous créez le trunk dans votre standard (dans 3CX, un modèle de trunk SIP générique suffit) et vous activez l’enregistrement.
- Vous définissez les règles d’appels entrants et sortants selon vos numéros.
- Vous ouvrez les ports nécessaires sur votre pare-feu, puis vous passez un appel de test.
Le guide premiers pas avec votre trunk SIP reprend ces étapes en détail, avec les erreurs les plus fréquentes et leur solution.